Madrid et les 7 arts

Share on Facebook0Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn0Share on Google+1Pin on Pinterest0Buffer this pageEmail this to someone

 

Cette semaine, FacilitaTrip vous raconte l’histoire de la capitale espagnole à travers les 7 arts. Architecture, Sculpture, Peinture, Danse, Musique, Littérature et Cinéma sont ici mis à l’honneur afin de vous présenter Madrid sous toutes ses coutures. De la Plaza Mayor au musée du Prado, de Cervantes à Almodovar, de Velásquez à Goya, plongez dans l’effervescence d’une capitale résolument culturelle.

L’architecture

La ville de Madrid n’est pas connue pour son homogénéité architecturale. Plusieurs styles et époques se chevauchent, formant un patchwork visuel propre à l’histoire de la ville.

Le développement de la ville ne débute significativement qu’au cours du IXème siècle lorsqu’elle fut conquise par Mohammed Ier. Des pans de murs datant du Xème siècle sont d’ailleurs visibles près du Palacio Real. De cette époque, subsistent les clochers des églises San Nicolas de los Servitas et San Pedro el Viejo. Ils appartiennent au style mudéjar (relatif aux constructions effectuées par les musulmans d’Espagne).

En 1556, le roi Philippe II accède au trône et transfère la cour de Tolède à Madrid, faisant de cette dernière la capitale du pays. La dynastie des Habsbourg (1504-1700) marque l’essor de la ville. La Plaza Mayor (place principale pendant près de 500) est, avec les bâtiments qui l’encerclent, la réalisation urbaine la plus importante de la dynastie. L’ensemble est réalisé en 1619, d’après les plans de Juan Gómez de Mora et inauguré par Philippe III en 1620. Une statue équestre se dresse d’ailleurs en son honneur au centre de la place. Les bâtiments aux toits et cimes d’ardoises et aux façade de briques rouges sont typiques du goût de l’époque. La simplicité qui s’en dégage fut souvent considérée comme austère. En outre, le quartier de La Latina, aussi appelé Las Austrias (signifiant les Habsbourg), représente l’espace que la ville occupait à cette période. Ce quartier se situe au sud de la Plaza de la Villa et de la Plaza Mayor. On y trouve des immeubles datant du XVIIème siècle et des églises comptant parmi les plus vieilles de la ville.

La dynastie des Bourbons (de 1700 à 1808) succède à celle des Habsbourg et connaît elle aussi son lot de constructions. En 1721, l’Hospice Saint-Ferdinand, actuel musée d’Histoire de Madrid est bâti par Pedro de Ribera. L’édifice adopte un style baroque (très marqué au niveau de l’entrée), typique de cette époque influencée par l’Italie et la France. Dans un style comparable, Pedro de Ribera construisit aussi la caserne du Conde Duque (qui abrite aujourd’hui un centre culturel ainsi que le musée d’art contemporain de Madrid) entre 1717 et 1730. Comme pour l’ensemble des constructions de cette époque, le roi Philippe V est aussi à l’initiative du fameux Palacio Real construit par l’italien Filippo Juvarra. Inspiré du Château de Versailles, il est achevé en 1764 sous le règne de Charles III. Pris d’une “folie bâtisseuse”, ce dernier fait notamment construire le musée des Sciences Naturelles, l’actuel musée du Prado. Si l’édification de ce monument néoclassique débute en 1785, elle ne prend fin qu’en 1819. Le style néoclassique se définit par un retour aux codes antiques. Il s’exprime ici à travers l’usage des colonnades, du péristyle, du fronton ou encore des corniches.

 

Plaza_Mayor,_Madrid

 

Cuartel_del_Conde-Duque_(Madrid)_04

 

1024px-Palacio_Real_de_Madrid_-_21

 

MuseoPradoMadrid

À la mort de Franco (en 1975), l’Espagne devient une démocratie. Madrid est alors animé par un mouvement architectural, urbain et artistique nommé Movida, symbole d’une liberté nouvelle.

En 2004 sont bâties les Cuatro Torres (les quatre tours), dans le centre d’affaires madrilène. L’ensemble est constitué de la tour Espace (224 mètres), la tour de cristal (249 mètres), la tour PwC (236 mètres) et la tour Cepsa (250 mètres) qui est la plus haute de la capitale. Elles s’intègrent ainsi à un paysage contemporain déjà largement établi.

 

Madrid_Cuatro_Torres_Business_Area-2

La sculpture

À Madrid, la sculpture a la part belle. De nombreuses statues sont dressées sur les places ou dans les jardins. La fontaine de Cybèle donne son nom à la place sur laquelle elle est érigée; c’est la Place de Cybèle. Créée en 1782 par Francisco Gutiérrez et le français Robert Michel, la sculpture représente Cybèle – déesse de la fertilité et de la nature sauvage – sur un char tiré par des lions. Ces derniers symbolisent Hippomène et Atlante. Cet ensemble est réalisé dans du marbre violacé. Le reste de la fontaine est, quant à lui, fait de pierre de Redueña. Jusqu’en 1862, l’eau sert aux porteurs officiels mais aussi au grand public. Les chevaux s’abreuvent directement dans le bassin. Ce n’est pourtant qu’en 1895 que cette fontaine est transférée à sa place actuelle. Elle faisait initialement face à la fontaine de Neptune sur le Paseo del Prado. Toutes deux sont dessinées par Ventura Rodriguez (1717-1785). La fontaine de Neptune se trouve aujourd’hui Place de Cánovas des Castillo, généralement appelée place de Neptune. Elle est réalisée en 1786 par Juan Pascal de Mena et José Arias. L’ensemble représente un char en forme de coquillage – tiré par deux chevaux marins – dans lequel se tient Poséidon, dieu de la mer, de la navigation, des tempêtes et des tremblements de terre. Fait de marbre, le monument est à la gloire des colonies et de la marine espagnoles.

Au centre de la Place de l’Orient, se trouve la statue équestre de Philippe IV, roi d’Espagne de 1621 à 1665. Dessinée par Diego Velásquez, cette statue en bronze est réalisée en 1639 par Juan Montañés et Pietro Tacca. La particularité de cette réalisation est relative à la position cabrée du cheval. La légende veut que l’équilibre de cette statue soit pensée par Galilée. Alors que les pattes arrières de l’animal sont pleines, les pattes avant sont creuses.

Dans le Parc du Retiro, les promeneurs admirent le monument à Alphonse XII, roi d’Espagne de 1874 à 1885, réalisé par José Grases Riera en 1922. Cette colonnade en arc-de-cercle se déploie autour d’une statue équestre du roi, en bronze, réalisée par Mariano Benliure.  

Les amateurs de sculpture pourront évidemment se rendre dans les divers musée de la ville tels que le musée national – centre d’art Reina Sofia, le musée du Prado, le musée d’art contemporain de Madrid mais aussi le musée d’art public, dit musée à l’air libre, consacré à la sculpture du XXème siècle. On peut y voir des œuvres de Joan Miró (1893-1983), Alberto Sánchez (1895-1962), Julio González (1876-1942) ou encore Eduardo Chillida (1924-2002).

 

Cibeles_con_Palacio_de_Linares_closeup

 

Monumento_a_Felipe_IV_(Madrid)_01

 

Parque-Retiro-Madrid

La peinture

Les musées de la ville abritent quelques trésors picturaux parmi lesquels Guernica de Picasso (1937), conservé au musée national – centre d’art Reina Sofia. Parmi eux, nous comptons également Le Jardin des Délices de Jérôme Bosch (1503-1515), Le Gentilhomme à la main sur la poitrine de Le Greco (1578-1580), Les Ménines de Diego Velasquez (1656), Les trois Grâces de Pierre Paul Rubens (1630-1635) ou encore Les fusillés du trois mai de Francisco de Goya (1814), conservés au musée du Prado. La collection du musée Thyssen-Bornemisza est, quant à elle, dotée de Les Vessenots de Vincent Van Gogh (1890), Chambre d’hôtel d’Edward Hopper (1931) ou bien Femme dans la salle de bain de Roy Lichtenstein (1963). La capitale espagnole accueille aussi le musée d’art contemporain de Madrid (situé dans l’ancienne caserne du Conde Duque) ainsi que l’Académie royale des Beaux-Arts de San Fernando qui regroupe plus de 1000 œuvres dont le Printemps de Giuseppe Arcimboldo (vers 1563) ainsi que des peintures Francisco de Goya. Le musée de Sorolla est consacré au peintre Joaquín Sorolla, originaire de Valence (1863-1923). Il s’agit de la maison dans laquelle l’artiste vécut et travailla jusqu’en 1911.

800px-The_Garden_of_Earthly_Delights_by_Bosch_High_Resolution

512px-Le_Printemps_-_Giuseppe_Arcimboldo

Parmi ses peintres illustres, Madrid compte, Diego Velásquez, Francisco de Goya, Juan Gris ou encore Eduardo Arroyo.

Diego Velásquez (1599-1660), est né à Séville et mort à Madrid. Il est le peintre de cour de Philippe IV dès 1623, et ce, jusqu’à sa mort (soit près de quarante ans). Les Ménines (vers 1656) demeure son tableau le plus connu. Cette toile illustre la famille royale autour de l’infante d’Espagne, Marguerite-Thérèse. Il s’agit d’une scène de la vie quotidienne. Velásquez est le maître à penser de nombreux peintres tels que Francisco de Goya. 

Ce dernier (1746-1828), né à Fuendetodos (Saragosse) et mort à Bordeaux, peint à la cour royale dès 1779 (exécutant notamment un portrait de Charles III). Il est ensuite élu membre de l’Académie royale des Beaux-Arts de San Fernando en 1780. Il devient peintre du roi en 1786. Durant cette période, il travaille également à la manufacture royale de Santa Bárbara (Fabrique royale de tapisseries).

Juan Gris (1887-1927), de son vrai nom Victoriano González est né à Madrid et mort à Boulogne-Billancourt. Ses débuts de peintre sont portés par le Jugenstil (l’équivalent de l’Art Nouveau en Allemagne), très répandu en Espagne au début du XXème siècle. C’est en partant à Paris en 1906, qu’il se tourne définitivement vers le Cubisme. Il passe peu à peu d’une pratique “analytique” à une pratique “synthétique”, qu’il maitrise totalement à l’aube des années 1920. Il définit sa peinture de la sorte : “Cézanne d’une bouteille fait un cylindre, moi, je pars du cylindre pour créer un individu d’un type spécial, d’un cylindre, je fais une bouteille”. Juan Gris occupe aujourd’hui une place majeure dans les collection du musée national – centre d’art Reina Sofia.

Eduardo Arroyo est né à Madrid en 1937. Fortement influencé par Dada, il devient l’un des représentants de ce que l’on nomme, dès 1964, la “Nouvelle Figuration”. En 1998, une rétrospective lui est consacrée au musée national – centre d’art Reina Sofia.

Juan_Gris_-_Still_Life_with_a_Guitar

La danse et la musique

À Madrid, il existe de nombreuses salles de spectacles. De la musique classique, du théâtre, de l’opéra, des comédies musicales ou encore de la Zarzuela y sont présentés.

La Zarzuela est un genre théâtral lyrique né en Espagne au XVIIème siècle. Sous le règne de Philippe IV ont lieu des représentations alliant musique, chant, danse et texte. Ce style devient vite populaire et se répand sur tout le territoire. En tant que capitale, Madrid agit comme le lieu précurseur de cette nouvelle forme artistique. Depuis cette époque, les théâtres accueillent les Zarzuelas de Lope de Vega, Caledrón de la Barca, Federcio Chueca et de beaucoup d’autres artistes.

C’est au Teatro de la Zarzuela, proche du musée national – centre d’art Reina Sofia, que se déroule la majorité de ces représentations.

Le Teatro Real, en face du Palacio Real, est réservé aux opéras, concerts et ballets.

Les espaces dédiés aux comédies musicales sont réunis au coeur de la ville. Sur la Gran Vía se trouve le Teatro Lope de Vega, qui, depuis 5 ans, joue l’adaptation espagnole du Roi Lion (originellement joué à Broadway). On y trouve également le Teatro Rialto, au sein duquel se déroule en ce moment le spectacle Cabaret. Depuis 2014, Priscilla, folle du désert est programmé au Nuevo Teatro Alcalá.

 

gran-via-Madrid

Nuevo-teatro-Alcala

Theatre-Rialto

En outre, nombreux sont les artistes qui s’inspirent de la capitale, de ses monuments, de son ambiance et de ses habitants pour composer leurs chansons. Dans Un año Más (1988), le groupe Mecano parle notamment de ses émotions ressenties pendant le nouvel an dans la capitale, notamment sur la Puerta del Sol, où tous les madrilènes se rassemblent. En 1986, Victor Manuel et Anabel, rendent célèbre la Puerta de Alcalá dans toute l’Espagne avec un titre du même nom. Joaquín Sabina, un célèbre compositeur et poète espagnol, parle souvent de la ville, dans Pongamos que hablo que Madrid (1980) ou Yo me bajo en Atocha (1998) par exemple.

 

Puerta-de-Alcala-Madrid

 

Puerta-del-Sol

La littérature (et la poésie)

Madrid est le berceau de la littérature espagnole. Le plus célèbre des écrivains espagnol, Miguel de Cervantes, est né et mort dans cette ville (1547-1616). Il vit dans le quartier de Huertas pendants plusieurs années. C’est dans une petite imprimerie de la rue Atocha, l’imprimerie Juan de la Cuesta, que la première édition de son oeuvre mondialement connu, “L’ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche”, voit le jour.

Ce quartier, appelé le quartier des Lettres pendant le siècle d’or espagnol (du XVIème au XVIIème siècle) rassemblait les personnages littéraires les plus reconnus, tels que : Góngora, Quevedo ou Lope de Vega. La maison de ce dernier (Maison de Lope de Vega) se trouve dans la rue de Cervantes. C’est aujourd’hui un musée consacré à la vie et l’œuvre de l’écrivain. Celui-ci était d’ailleurs plus célèbre que Cervantes, en raison de ses pièces de théâtre de style Zarzuela. Un temps très proches, Cervantes et Lope de Vega deviennent vite rivaux, en raison de la jalousie du premier provoquée la popularité du second. Ils se dédient même des écrits moqueurs. Le cas de Góngora et Quevedo est similaire. La rivalité entre ces derniers est si intense que Quevedo achète l’appartement ou vit Góngora, ruiné, afin de le laisser sans domicile. Aujourd’hui, une plaque indique la résidence de Quevedo sans jamais mentionner que Góngora y vivait précédemment.

 

Maison-de-lope-de-vega

plaque-imprimerie-juan-cuesta

 

rue-Huertas

Au XVIème siècle, les deux théâtres principaux ou “corrales de comedias” (première forme de théâtre en Espagne) étaient établis dans le quartier de Huertas. Le Teatro Español est situé sur la place de Santa Ana. Au même endroit, une sculpture rend hommage à Federico García Lorca, poète et dramaturge contemporain (XXème siècle). Un autre monument y commémore Pedro Calderón de la Barca, artiste classique du Siècle d’Or. L’influence littéraire dans ce quartier est telle qu’il est possible de lire des vers issus de différents ouvrages sur le sol de la rue Huertas.

Dans le même quartier, un ancien cimetière accueille aujourd’hui un marché aux fleurs. Quelques illustres personnages reposaient à cet endroit que l’on appelle aujourd’hui le jardin de l’ange (Lope de Vega notamment, mais aussi l’architecte Ventura Rodriguez). On ne sait pas où se trouvent leurs dépouilles depuis la transformation du site. On ne sait pas non plus où demeure le corps de Cervantes, dont les funérailles se déroulèrent dans le couvent des Trinitaires.

 

théatre-espagnol

Le cinéma

Le cinéma arrive à Madrid en mai 1896. Les premières projections se font dans les salles de théâtre, les bars et les salons publics. Ce n’est qu’au cours des années 1910 qu’ont lieu les premières productions cinématographiques espagnoles. Dans les années 1920, les entrepreneurs commencent à investir dans l’industrie du cinéma.

À cette époque, la capitale compte déjà plusieurs salles de projection, véritables attractions des madrilènes. En raison de l’évolution industrielle et technologique, beaucoup de salles disparaissent, remplacées par d’autres plus modernes. Néanmoins, il reste encore des salles ayant survécu à ce changement. C’est le cas du Ciné Doré, inauguré en 1912. Il s’agit de l’une des plus anciennes salles de projection qui abrite aujourd’hui le siège de la filmothèque espagnole (l’équivalent de la cinémathèque française à Paris). Cette dernière a pour mission de veiller sur le patrimoine filmographique national et promouvoir sa diffusion. Le Ciné Ideal est un autre exemple de ces vieilles salles. Ouvert en 1916, il appartient à la société Yelmo Cines depuis 1990 (ainsi sauvée de la destruction).

Dans le Ciné Callao, sur la place du même nom, un film sonore, Le chanteur de jazz (1927) est projeté pour la première fois en Espagne en 1929. Ce cinéma reste aujourd’hui l’une des salles principales de la capitale et compte 8 salles de projections.

cine-dore

cine-callao

La ville de Madrid est largement représentée dans les films espagnols. Le cinéaste Pedro Almodovar choisit souvent la capitale en toile de fond pour le tournage de ses films. La Plaza Mayor apparaît dans une scène de La fleur de mon secret (1995). Les bars Villarosa et Chicote, sont devenus célèbres après leur apparition respective dans Talons aiguilles (1991) et Étreintes brisées (2009). De son côté, Alejandro Amenabar ferme l’accès à la Gran Vía (avenue principale de la ville) pour une scène de son film Ouvre les yeux (1995) (version originale de Vanilla Sky). Dans la scène concernée, la Gran Vía et la Place d’Espagne apparaissent désertes. Seul l’acteur Eduardo Noriega est visible. Dans ce film, celui-ci partage l’affiche avec la célèbre actrice Penélope Cruz qui est aussi originaire de Madrid.

En 2007, le réalisateur anglais Paul Gringass choisit plusieurs lieux emblématiques pour produire le deuxième opus de Jason Bourne, La vengeance est dans la peau (2007). Dans ce film, Matt Damon apparaît à la Gare d’Atocha et sur le Viaduc de Ségovie.

ouvre-les-yeux-gran-via

 

Plaza-España-Madrid

 

Share on Facebook0Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn0Share on Google+1Pin on Pinterest0Buffer this pageEmail this to someone

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Facebook